Dernière ligne droite avant le premier tour des élections présidentielles. Entre meetings, plateaux télévisés et interviews, les candidats défendent leurs programmes sur l’économie, les frontières, l’éducation ou l’emploi. Peu de traces cependant en ce qui concerne la place de la culture et les enjeux de l’industrie de la musique dans leurs discours. Etonnant quand on sait que le chiffre d’affaires global de celle-ci atteint 550 millions d’euros en France (chiffres tirés du SNEP, le principal syndicat des producteurs) et que l’Hexagone accueille plus de 2.000 festivals chaque année. Weecame a compilé – non sans mal – les projets et mesures culturelles phares des cinq principaux candidats.

 

Jean-Luc MÉLENCHON, « les arts insoumis, la culture en commun »

Depuis ses débuts en politique, le député européen a toujours accordé une importance à la culture. Une de ses premières mesures, alors impliqué au niveau local, fut de créer la Maison des Jeunes et de la Culture dans une petite commune du Jura. Le natif de Tanger (Maroc) a poursuivi dans la même veine en ouvrant un opéra, des cinémas et une médiathèque. Plus récemment, la figure de « La France insoumise » a édité un livret de 28 pages sur l’industrie culturelle qu’il a inséré dans son programme.

La grande mesure, pour l’aspect culturel, du programme de ce candidat est d’y consacrer un budget de 1% du PIB, soit environ 20 milliards d’euros. Il souhaite grâce à cela, offrir un accès gratuit aux lieux culturels tous les dimanches. Le candidat du mouvement « La France insoumise » projette d’autres mesures comme la création d’une « nouvelle gouvernance démocratique » qui permettrait notamment d’abroger les niches fiscales qui sont accordées aux mécènes ou encore d’intégrer les œuvres d’arts dans l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF). Ces quelques projets cités ci-dessus ne sont qu’une partie de son livret. M.MÉLENCHON accorde ainsi une grande place à la culture.

Place de la culture et de la musique dans son programme : 3/5

Photo du candidat Jean Luc Mélanchon aux élections présidentielles 2017

 

Benoît HAMON, la culture pour tous

Le candidat du Parti Socialiste évoque une “culture partout, par tous, pour tous”. Qu’entend-il par ce slogan ?

Le député des Yvelines promet de réserver 4 milliards d’euros de plus à la culture en créant un Ministère de la Culture, des Médias et du Temps libre. Toujours lié au domaine des Arts, il veut mettre en place un statut pour les artistes censé leur permettre de vivre de leur travail. Dans son projet de campagne, il s’inspire des pays nordiques et envisage de faire des droits culturels une réalité. La musique est selon lui un “moyen de découvrir son prochain dès le plus jeune âge“. Aussi, il compte favoriser la présence d’intervenants musicaux dans tous les établissements scolaires. Partisan de l’exception culturelle française, son ambition est également de promouvoir les créations francophones en Europe et dans le monde grâce à l’audiovisuel, pôle important de création à l’image des séries made in France exportée parfois jusqu’aux Etats-Unis.

Place de la culture et de la musique dans son programme : 2,5/5

Photo du candidat Benoît Hamon aux élections présidentielles 2017

 

Emmanuel MACRON, un « Pass Culture » pour les jeunes

L’ancien Ministre de l’économie et des finances porte un programme culturel très affirmé. Il s’agit pour lui d’une source de rayonnement international essentielle dans le processus de construction d’un individu. Sa politique culturelle se décline en sept points majeurs. Objectifs affichés : réinventer, moderniser le domaine et soutenir les artistes dans la création.

A l’image de son programme libéral, le fondateur du mouvement « En marche ! » propose notamment de créer un « Pass Culture » de 500€ pour tous les jeunes. Face aux inégalités grandissantes concernant l’accès à la culture, il espère ainsi offrir au plus grand nombre une facilité d’accès aux musées, concerts et salle de cinéma… Il appelle également nos chérubins à s’inscrire dans une chorale, un orchestre et souhaite que les établissements scolaires proposent une vraie éducation artistique. En déplacement dans un centre culturel, le plus jeune des candidats a évoqué l’ouverture de certaines bibliothèques le dimanche et le soir. Emmanuel Macron prend l’éducation musicale comme fer de lance qui serait « un préalable pour mieux appréhender l’acquisition des fondamentaux. » Elle permettrait ainsi de développer les compétences cognitives et sociales des enfants.

Place de la culture et de la musique dans son programme : 3/5

Photo du candidat Emmanuel Macron aux élections présidentielles 2017

 

François FILLON, trois objectifs culturels

Le leader des Républicains a émis vingt « propositions clés » en ce qui concerne la culture. Il considère cette dernière comme étant « l’ultime rempart contre la barbarie qui nous frappe, mais aussi contre la précarité de nos territoires les plus touchés par la crise ».

Toutes les mesures qu’il compte mettre en place se recoupent en trois objectifs principaux : réduire la fracture culturelle, soutenir la création française et faire de nos atouts culturels un vecteur de développement et de rayonnement à l’international. Dans les programmes d’enseignements, il souhaite notamment conforter le rôle éducateur des arts et de la culture. Parallèlement, les établissements culturels devront se mobiliser afin d’offrir des actions sur le territoire. Pas de changement en revanche quant au régime spécifique des intermittents du spectacle qu’il désire conserver, en luttant contre les abus afin de réserver les bénéfices pour les artistes.

A l’échelle européenne,  il envisage de créer un lieu qui rassemble les chefs d’œuvres de l’Europe qui témoignent de la richesse artistique du Vieux-Continent. Le candidat a donc de réelles ambitions en matière de politique culturelle, même si peu d’annonces concrètes ont été formalisées.

Place de la culture et de la musique dans son programme : 2,5/5

Photo du candidat François Fillon aux élections présidentielles 2017

 

Marine LE PEN, en guerre contre la loi Hadopi

En matière de culture et de musique, la présidente du Front National se montre plutôt discrète. Elle a évoqué cependant quelques réformes qu’elle souhaite mettre en place en cas d’élection le 7 mai prochain.

Elle envisage d’abord un grand plan national en créant des filières spécifiques pour les métiers d’art, mais aucun détail économique n’a été communiqué pour le moment. Celle pour qui « l’éducation appartient aux familles quand l’instruction est la mission première de l’école » veut instaurer l’éducation musicale généraliste dans les établissements scolaires dès le plus jeune âge. Marine Le Pen s’adresse par ailleurs aux professionnels du secteur en défendant l’élaboration d’une carte professionnelle pour les intermittents du spectacle. Il s’agit là de contrôler de manière plus efficace les structures pour éviter les abus.

Mais sa mesure phare reste la suppression pure et simple de la loi Hadopi, la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, qui régule la diffusion des œuvres et lutte contre le piratage en ligne. Une licence globale sera à l’étude pour la remplacer.

Place de la culture et de la musique dans son programme : 1,5/5

Photo de la candidate Marine Le Pen aux élections présidentielles 2017

Même si la situation économique et sociétale du pays invite les candidats à se concentrer des sujets plus importants généraux aux yeux des Français, trop peu envisagent la culture et les arts comme un thème qui pourrait rassembler et ressouder le lien social quand on sait que la culture représente environ 3% du PIB.  Après tout, la musique n’est-elle pas la seule langue universelle ?

 

PRESIDENTIELLES 2017

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Présidentielle 2017: Quelle place pour la musique et la culture dans les programmes des candidats ?
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